Avis d'expert

Investir dans les valeurs de croissance.

Le 12/09/2019 par Sébastien Racine et Stéphane Nières-Tavernier
Sébastien Racine, directeur adjoint de la Gestion sous Mandat de BPE et responsable Multigestion a rencontré Stéphane Nières-Tavernier, gérant du fonds LBPAM Actions Croissance Euro, pour échanger sur l’investissement dans les valeurs dites de croissance.

3 questions à Stéphane Nières-Tavernier, gérant du fonds LBPAM Actions Croissance Euro 

Pourriez-vous expliquer ce qu’est une valeur de croissance ?
On appelle « valeurs de croissance », les sociétés qui sont en mesure de générer une croissance de leur activité et de leurs bénéfices de manière significativement supérieure à la moyenne du marché. Par extension, on y associe aussi les valeurs dites de « qualité », qui ont parfois une dynamique un peu plus lente mais sont peu volatiles et sont relativement prévisibles. Ces dernières ont tendance à agrémenter leur croissance organique d’opérations de croissance externe financées par leurs abondants flux de trésorerie. On retrouve ainsi parmi les valeurs de croissance, les secteurs de la technologie, les valeurs de la consommation et de certains segments de la santé.

Ce type de valeurs présente des niveaux de valorisation souvent supérieurs à la moyenne du marché. Comment s'assurer de ne pas les surpayer ?
Le niveau parfois élevé des valorisations des valeurs de croissance se justifie par des performances de croissance supérieures à la moyenne, et qui sont sur une dynamique qui ne fléchit pas. Une partie de la performance boursière se fonde sur la progression des résultats, mais les changements de multiples de valorisation que le marché est prêt à payer joue également son importance dans l’appréciation des titres. Il faut donc rester vigilant à l’égard des inflexions et des ressorts futurs de la croissance pour s’assurer que le momentum des titres reste positif.

À quelles conditions de marchés ces valeurs sont-elles sensibles ?
La particularité de ces valeurs est leur faible sensibilité aux conditions macro-économiques. Dans un contexte de hausse des taux, qui accompagne habituellement des phases de reprise cyclique, ces actifs sont moins portés par la dynamique de marché que les investissements dans des titres décotés, par exemple, avec le risque que ces valeurs ne délivrent pas des résultats à la hauteur des attentes du marché. À l’inverse, un contexte de taux d’intérêt bas ou en phase de baisse est favorable à leurs valorisations de long terme, dont le facteur fondamental est le potentiel de croissance des résultats de l’entreprise dans le temps.