BPE Alerte Marchés

Fin d'année agitée sur les places boursières

21 décembre 2018

 

La correction entamée cet automne sur les marchés financiers s’est poursuivie voire accentuée sur le mois de décembre avec des baisses significatives enregistrées sur les principaux marchés actions : le CAC 40 affiche une baisse de 6% depuis le début du mois, soit un recul de plus de 15% depuis le début du quatrième trimestre tandis que le S&P 500 du marché américain est en repli de près de 11% depuis le début du mois de décembre et de plus de 16% depuis son plus haut de l’année début octobre.

1. comment peut-ON EXPLIQUER CES FORTES CORRECTIONS ?

En se tournant vers les perspectives pour 2019, les marchés boursiers sont clairement passés en mode « fin de cycle », à un moment où les politiques monétaires des principales Banques centrales sont plutôt orientées vers une réduction des liquidités apportées à l’économie.

 

Les facteurs de volatilité sur les marchés financiers ne vont pas manquer pour l’année prochaine. Les plus sérieux portent sur l’avenir de l’activité américaine menacée par le record de longévité du cycle actuel, sur la capacité de l’Europe à conserver une croissance économique proche de son potentiel et enfin, sur la capacité de l’économie chinoise à absorber sans ralentissement brutal les conséquences probables de la confrontation commerciale en cours avec les Etats-Unis.

 

Les risques politiques restent également toujours présents, notamment en Europe avec une situation encore incertaine autour du Brexit.

 

Enfin, au niveau des entreprises, les publications de résultats pour le 3ème trimestre et les perspectives données pour le 4ème trimestre ont parfois été perçues comme décevantes par les investisseurs et ont remis en question les perspectives de croissance des résultats attendus sur 2019.

 

Les marchés boursiers se sont donc ajustés à cet environnement très compliqué. Environ 60% des titres européens et américains ont perdu plus de 20% par rapport à leur point haut des 12 derniers mois.

 

2. Quels sont les éléments qui peuvent peser sur les perspectives de résultats des entreprises ?

Les anticipations de croissance économique pour 2019 peuvent sembler trop optimistes si le ralentissement actuel de la conjoncture mondiale devait se transformer en stagnation voire en récession, par exemple suite à une guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis.

 

La déception sur les profits des sociétés peut également venir d'un net tassement des taux de marge qui serait provoqué par une accélération des salaires dans cette phase de cycle mature, que l’on observe bien entendu aux Etats-Unis mais également en Europe.

 

Il est logique que les investisseurs intègrent ces facteurs de risque compte tenu de la maturité du cycle de croissance et de celui des profits, après plusieurs années de progression relativement dynamique.

 

Au final, sur la base d’indicateurs relativement objectifs, nous pensons que les risques de stagnation de la croissance et des profits, voire de récession, paraissent exagérés.

 

En revanche, nous reconnaissons que les comportements d’attentisme, liés aux incertitudes sur le dénouement final concernant le dossier de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, le Brexit, le bras de fer budgétaire entre l’Italie et la Commission Européenne et enfin le mouvement des « gilets jaunes » en France, s’ils devaient perdurer ou pire s’accentuer, risqueraient de transformer ce ralentissement cyclique, au fond tout à fait gérable pour les sociétés et déjà intégré par les marchés, en véritable stagnation économique.

3. Les niveaux de valorisation sont-ils redevenus attractifs ?

L'évaluation des marchés est devenue plus intéressante puisque les cours baissent plus vite que les prévisions de bénéfices.

 

Cette psychologie prudente des investisseurs présente, au moins partiellement, une protection pour 2019 car, sauf apparition simultanée de tous les « cygnes noirs » (récession aux Etats-Unis, guerre commerciale généralisée, Brexit désordonné…), elle signifie que les risques de fortes surprises négatives sont a priori plus limités qu’en 2018.

 

Cela ne garantit pas bien entendu des marchés financiers bien orientés, en particulier si l’évaluation de la conjoncture subissait de nouvelles révisions à la baisse. Mais en cas de corrections supplémentaires, nous considérons que les niveaux de valorisation redeviendraient attractifs et que de réelles opportunités d’investissement se présenteraient alors.

 

4. Comment adaptons-nous les mandats de gestion facE à ces turbulences ?

Stratégie actions

 

Dans ce contexte, nous sommes dorénavant surpondérés sur les thématiques et secteurs défensifs au détriment des segments plus cycliques. Nous conservons toutefois une poche de liquidités en portefeuille qui permettra de mettre à profit toute baisse que nous jugerons excessive, sur l’ensemble du marché ou sur certains de ses segments, pour renforcer nos expositions en bénéficiant de points d’entrées attractifs.

 

Stratégie obligataire

 

Malgré le manque de visibilité et le risque de révisions à la baisse des perspectives de croissance et d’inflation en zone euro, nous maintenons des expositions (sensibilité) très faibles sur les emprunts d’Etats européens. La faiblesse des rendements actuels n’offre, selon nous, pas de coussin de protection suffisant.

En revanche, nous maintenons une allocation géographique obligataire en faveur des Etats-Unis, considérant que le cycle de relèvement des taux de la Fed est quasi-terminé.

 

Nous restons protégés contre le risque de remontée des taux obligataires en Europe mais exposés aux emprunts d’Etats américains couverts en risque de change.

Rédigé par la Direction de la Gestion Sous Mandat de BPE le 21 décembre 2018 à 14 h 30.

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