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Prix Littéraire Patrimoines : l'édition 2018

Le 05/09/2018
Avec la rentrée littéraire 2018, découvrez la liste des six romans en lice pour la 3e édition du Prix Littéraire Patrimoines de la Banque Privée BPE qui sera décerné lundi 24 septembre. Figurent dans cette sélection, cette année encore de grande qualité, des auteurs déjà confirmés comme de nouvelles plumes.

Frère d’âme – David Diop (Seuil)

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau.

La vérité sort de la bouche du cheval – Meryem Alaoui (Gallimard)

Jmiaa, prostituée de Casablanca, vit seule avec sa fille. Femme au fort caractère et à l’esprit vif, elle n’a pas la langue dans sa poche pour décrire le monde qui l’entoure : son amoureux Chaïba, brute épaisse et sans parole, ou Halima, sa comparse dépressive qui lit le Coran entre deux clients, ou encore Mouy, sa mère à la moralité implacable qui semble tout ignorer de l’activité de sa fille. Mais voici qu’arrive une jeune femme, Chadlia, dite «Bouche de cheval», qui veut réaliser son premier film sur la vie de ce quartier de Casa. Elle cherche une actrice...

Meryem Alaoui nous offre une peinture haute en couleur de la vie quotidienne dans un Maroc populaire où chacun fait face aux difficultés à force de vitalité et de débrouillardise.

Le malheur du bas – Inès Bayard (Albin Michel)

« Au coeur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives (L’arbalète-Gallimard)

«Et l'enfant ?
Il dort, il dort.
Que peut-il faire d'autre ?»
Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d'un semblant de légèreté. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore ?

On retrouve, dans ce nouveau livre, l'écriture vive et le regard aiguisé de Carole Fives, fine portraitiste de la famille contemporaine.

Tous les hommes désirent naturellement savoir – Nina Bouraoui (JC Lattès)

"Tous les hommes désirent naturellement savoir" est l’histoire des nuits de ma jeunesse, de ses errances, de ses alliances et de ses déchirements. C’est l’histoire de mon désir qui est devenu une identité et un combat. J’avais dix-huit ans. J’étais une flèche lancée vers sa cible, que nul ne pouvait faire dévier de sa trajectoire. J’avais la fièvre.
Quatre fois par semaine, je me rendais au Kat, un club réservé aux femmes, rue du Vieux-Colombier. Deux coeurs battaient alors, le mien et celui des années quatre-vingt. Je cherchais l’amour. J’y ai appris la violence et la soumission. Cette violence me reliait au pays de mon enfance et de mon adolescence, l’Algérie, ainsi qu’à sa poésie, à sa nature, sauvage, vierge, brutale. Ce livre est l’espace, sans limite, de ces deux territoires.

ROISSY – Tiffany Tavarnier (Sabine Wespieser)

Sans cesse en mouvement, tirant derrière elle sa valise, la narratrice de ce roman va d'un terminal à l'autre, engage des conversations, s'invente des vies, éternelle voyageuse qui pourtant ne montera jamais dans un de ces avions dont le spectacle l'apaise. Arrivée à Roissy sans mémoire ni passé, elle y est devenue une "indécelable"-une
sans domicile fixe déguisée en passagère-, qui a trouvé refuge dans ce non lieu les englobant tous. S'attachant aux êtres croisés dans cet univers fascinant, où personnels navigants ou au sol côtoient clandestins et laissés-pour-compte, instituant habitudes et rituels comme autant de remparts aux bribes de souvenirs qui l'assaillent et l'épouvantent, la femme sans nom fait corps avec l'immense aérogare. Mais la bulle de sécurité finit par voler en éclats. Et quand un homme, qui tous les jours vient attendre le vol Rio-Paris -le même qui, des années auparavant, s'est abîmé en mer- tente de l'aborder, elle fuit, effrayée. Comprenant à sa douceur et à son regard blessé, qu'il ne lui fera aucun mal, elle se laissera pourtant aller à la complicité qui se nouera entre eux.

Magnifique portrait de femme rendue à elle-même à la faveur des émotions qui la traversent, Roissy est un livre polyphonique et puissant, qui interroge l'infinie capacité de l'être humain à renaître à soi et au monde.

Les romans primés des années précédentes

  • Bakhita (Albin Michel) de Véronique OLMI en 2017
  • Tropique de la violence (Gallimard) de Nathacha Appanah en 2016

Le Prix littéraire Patrimoines

Depuis 2016, le Prix littéraire Patrimoines de la Banque Privée BPE est décerné chaque année fin septembre. Il récompense un roman de rentrée qui porte un regard solidaire sur la société et dont le style d’écriture célèbre la langue française.

Créer du lien, transmettre des connaissances, avoir un regard solidaire sur notre société : c’est l’ambition de ce prix. Il véhicule une énergie citoyenne, en écho aux valeurs de proximité et de confiance du groupe La Banque Postale, et permet de montrer un autre visage du monde bancaire.

Vidéos : Découvrez les principes de ce prix, expliqués par Jean-Marc Ribes, président du directoire de BPE .

Vidéo Épisode #1 : Pourquoi la Banque Privée BPE crée le Prix littéraire Patrimoines ?

Vidéo Épisode #2 : Quel sens donnez-vous au mot Patrimoines ?

Vidéo Épisode #3 : Quels livres figurent dans la sélection du Prix Patrimoines BPE ?

Vidéo Épisode #4 : Comment s'annoncent les délibérations du Prix Patrimoines BPE ?

Vidéo Épisode #5 : Que représente le Prix Patrimoines pour la Banque Privée BPE ?

(Extraits de la présentation 2017 du prix par Daniel Picouly, écrivain, dramaturge, prix Renaudot, présentateur d'émissions culturelles à la télévision, président du jury et Jean-Marc Ribes, président du directoire de BPE).