Focus marché

FLASH INFO pour nos clients en GSM (gestion sous mandat)

Le 09/02/2018
Après avoir démarré l’année 2018 sur les chapeaux de roue, les marchés financiers sont passés en mode correction depuis le début du mois de février avec une accélération notamment de la baisse des indices américains et asiatiques, enclenchée dès lundi 5 février. Nous vous proposons dans ce flash marché de vous donner notre lecture de ce coup de froid sur les marchés actions et obligataire et de vous communiquer les principales informations relatives à la composition de vos mandats et aux orientations stratégiques que nous pourrions mettre en œuvre dans les prochains jours ou semaines.

Quelles sont les raisons de cette consolidation ?

Plusieurs facteurs susceptibles de perturber les bourses actions se sont mis progressivement en place depuis le début de l’année :

  • Tout d’abord les tensions des taux obligataires. La perspective du retrait, même graduel, des banques centrales, synonyme pour la Fed de poursuite du cycle de relèvement de ses taux et pour la BCE de l’extinction de son programme de rachats de titres obligataires, et le réveil des anticipations d’inflation expliquent la raison pour laquelle les rendements des emprunts d’Etat à 10 ans ont grimpé de 0.40% en 1 mois aux Etats-Unis et en Europe.
  • Ensuite la remontée, d’abord progressive, puis quasi verticale des indices de volatilité, souvent appelés «indices de la peur», comme le VIX (volatilité implicite des actions américaines) et le V2X (volatilité implicite des actions de la zone euro). Ce choc de volatilité exerce des pressions baissières sur les bourses via essentiellement deux canaux de transmission. Il rend très couteux les stratégies de protection des portefeuilles actions, ce qui incite certains investisseurs, qui ont des engagements ou des promesses de protection du capital, à réduire leur exposition aux actions et plus globalement aux actifs dits risqués. Il contraint ensuite certaines solutions d’investissement ou stratégies à réduire, ou à déboucler automatiquement des positions dont la volatilité, donc leur risque, a fortement augmenté. Ceci afin de maintenir stable leur contribution au risque global du portefeuille.

 

Est-ce que cette correction change notre vision des marchés pour 2018 ?

Notre feuille de route pour 2018, qui fixe nos orientations stratégiques en termes d’allocation d’actifs et de choix des thématiques d’investissement pour cette année, n’a pas changé.

Nous continuons de penser que l’environnement global reste encore porteur en raison en particulier de la solidité de ce cycle de croissance (thème de la synchronisation des économies), du potentiel de rattrapage économique et du possible sursaut politique de la zone euro et, bien entendu, et c’est au fond in fine le principal facteur, de la progression des bénéfices des sociétés qui devrait être en ligne avec les attentes raisonnables du marché.

En revanche, nous continuons de penser que 2018 sera beaucoup plus volatile,  avec donc des évolutions des marchés financiers plus heurtées, car ce sera l’année de plusieurs tournants. 2018 devrait être tout d’abord marquée par une inflexion de la dynamique de l’inflation. Même si les forces structurelles (Digitalisation des économies, Démographie vieillissante et Dettes importantes) devraient empêcher des rythmes de hausse de prix élevés, il est probable qu’après pratiquement 30 ans de désinflation, la hausse des prix accélère et surtout s’inscrive sur une tendance probablement au-dessus des attentes actuelles. 2018 sera également l’année du retrait, certes annoncé et graduel, des banques centrales dont la principale conséquence sera une liquidité mondiale moins abondante et plus chère, même si les taux resteront bas au regard des niveaux historiques.

 

Comment avons-nous abordé cette phase de correction des marchés financiers dans notre gestion sous mandat ?

Une de nos principales convictions résidait dans le fait que nous attendions, contrairement au consensus, à ce que ces possibles turbulences se produisent plutôt au 1er trimestre que dans la seconde partie de l’année. Cette anticipation reposait en grande partie sur le risque de redressement des anticipations d’inflation et de taux d’intérêt. Et ce dans un contexte de faible volatilité et donc d’une certaine complaisance des marchés face aux inflexions des politiques monétaires. Dans ces conditions, nos mandats de gestion avaient été positionnés afin d’amortir la remontée des taux d’intérêt (très peu investis en obligations), de limiter les conséquences des possibles corrections des indices boursiers (sous investis en actions) et de profiter de la sur performance des thématiques d’investissement actions sensibles à la pentification des courbes des taux (sur investis en actions « value » et cycliques).

 

Quels sont les ajustements que nous avons ou que nous pensons réaliser ?

Fidèle à notre philosophie et à notre processus de gestion, nous avons profité du recul des bourses pour construire des positions sur des valeurs qui affichaient, selon notre valorisation interne, de nouveau un potentiel de hausse supérieur à 10%. Nous gardons cependant encore des liquidités pour profiter de possibles nouvelles phases de baisse. Notre crainte, à court terme, concerne le risque de débouclement forcé de positions qui deviendraient techniquement intenables en cas de maintien de niveaux de volatilité élevés (indices VIX et V2X). Nous sommes également très attentifs au comportement du marché des obligations privées (« High yield ») qui corrige également (les écarts de rémunération par rapport aux emprunts d’Etat s’écartent) mais de manière encore limitée au regard de la forte remontée de l’aversion au risque. Toutes tensions trop rapides et fortes des taux de ces emprunts privés, synonymes d’augmentation des coûts de financement pour les sociétés, risquent d’être en effet mal prises par les investisseurs.    

 

Rédigé par la Direction de la Gestion Privée le 9 février 2018 à 17 h 00.